Un cabinet de lecture rendu au soir
Soixante-treize ans de lecture, cinquante ans d'abandon, deux ans de restauration : la salle a mis du temps à retrouver du monde.
Ce que le registre raconte
Le registre d'entrée, conservé sous vitrine, note les abonnements par trimestre et les journaux commandés à l'étranger. On y lit aussi les amendes pour bruit : quatre sous, souvent les mêmes noms.
La salle a fermé en 1934, faute d'abonnés. Le libraire qui a repris le bail y a entassé des cartons contre les rayonnages, ce qui les a probablement sauvés de la démolition.
Nous avons rouvert après deux ans de travaux : plancher repris, verrière changée, cuisine construite dans l'ancienne loge du concierge. Les rayonnages, eux, n'ont pas bougé d'un centimètre.

Trois cent dix volumes
Les reliures d'origine, consultables sur place.
Trente-deux fauteuils
Restaurés un par un, cuir d'origine quand il tenait encore.
Quarante couverts
La capacité de la salle, en un seul service.
Trois choses auxquelles nous tenons
- Le jeu reste un jeu : ni mise, ni gain, ni classement, ni revanche obligatoire.
- La salle appartient d'abord à ceux qui y parlent bas ; le reste s'ajuste à cette règle.
- Personne ne repart au volant après une longue soirée sans qu'on ait proposé un taxi.
Deux questions sur la maison
Les livres sont-ils à vendre ?
Aucun. Ils appartiennent au fonds de la maison et restent en salle, consultables mais jamais cédés.
La verrière est-elle d'origine ?
Non, elle a été refaite à l'identique en 2021 ; l'ancienne avait été remplacée par de la tôle dans les années soixante.